E.Leclerc

E.Leclerc : Double affichage des produits en euros et en CO2

Posté le 03/04/2008

Depuis le 2 avril 2008, les centres E.Leclerc de Templeuve et Watt relos (60 000 foyers clients) expérimentent une nouvelle démarche, avec le soutien de l'ADEME, du Conseil Régional Nord-Pas de Calais et l’expertise de Greenext : l'affichage du bilan CO2 des produits alimentaires.

Une première dans la région.
Ainsi, à côté du prix, les clients du supermarché découvriront un nouveau chiffre, celui-ci les informant de la quantité de gaz à ef fet de serre -exprimée en kg équivalent CO2- induite par la production, dist ribution et consommation du produit alimentaire. Enfin, le bilan CO2 total de leurs courses apparaîtra sur leur ticket de caisse. En recherche constante de solutions respectueuses de l'environnement, les centres E.Leclerc du Nord vont appuyer cette expérimentation d'une opération d'information et de sensibilisat ion. Intitulée "J'économise ma planète", elle vise à montrer l' impact des produits alimentaires sur le réchauf fement cl imatique, tout en apportant des clés pour agir.
Nous sommes tous conscients que notre planète souffre et qu'il faut faire quelque chose… Mais quoi et comment ? Le passage à l'acte n'est pas toujours évident. En cause : les habitudes, l'éducation, le manque d'informations, … Mode de vie et de consommation influe sur les émissions en trop grande quantité des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Parmi les secteurs concernés : le transport, l'habitat, mais également l'alimentation qui génère près de 30 %* des émissions en France.

Enseigne pionnière en matière de développement durable, E.Leclerc, conscient du rôle que nous avons tous à jouer -producteur, distributeur et consommateur-, souhaite inciter à l'action. Première étape : l'affichage du bilan CO2 des produits alimentaires. Une expérimentation qui sera menée dans les magasins de Templeuve et Wattrelos durant 6 mois. Au-delà de la sensibilisation de ses clients, E.Leclerc espère encourager les efforts des industriels et poursuivre ceux entrepris en interne.

Du nouveau dans les rayons alimentaires
Poids, volume, prix : voilà ce que l'on trouve aujourd'hui affiché dans les rayons des produits alimentaires. Depuis le 2 avril 2008, les magasins E.Leclerc de Templeuve et Wattrelos affichent de nouvelles ambitions : introduire le bilan CO2 (exprimé en kg équivalent CO2). 50.000 produits sont ainsi renseignés de leur quantité de gaz à effet de serre (convertie en équivalent CO2), sur la totalité de leur cycle de vie (incluant la production, la distribution et la consommation). Car, selon leur mode de fabrication, de conservation, selon la distance qui sépare le lieu de production du lieu de consommation, … les aliments ont des impacts différents sur les émissions de GES. La viande pèse lourd par exemple. Avant d'arriver dans notre assiette, les animaux ont été nourris avec des aliments qui contiennent des engrais azotés, rejetant du N2O. Par comparaison, il faut 7 kg de céréales pour produire 1 kg de boeuf contre 2 kg pour 1 kg de poulet, ainsi le poulet émet beaucoup moins de GES que leboeuf. Autre exemple : un produit alimentaire suremballé et en petit volume aura un bilan CO2 plus important qu’un produit peu emballé en grand volume. C'est ce que les clients pourront s'amuser à vérifier… À partir du mois de juin 2008, certains produits seront même identifiés "économes pour la planète" afin d’accompagner les clients dans leurs choix.

Enfin, en bas de leur ticket de caisse, les clients pourront lire le bilan CO2 total de leurs courses, reprenant la somme des bilans des produits alimentaires achetés. "Plus le chiffre est faible, mieux c'est pour la planète".

Une campagne d'information et de sensibilisation
Grâce à l'expérimentation menée par l'enseigne E.Leclerc dans le Nord, les consommateurs en sauront plus sur l'impact environnemental des produits de grande consommation.
L'expérience va durer 6 mois. Elle concerne les rayons alimentaires. Pour accompagner le public et enrichir ses connaissances, des outils, marqués "J'économise ma planète", ont été conçus par Ethicity, cabinet de conseil en développement durable et marketing éthique. Un publipostage a ainsi été diffusé à l’ensemble des clients des magasins de Templeuve et Wattrelos, totems et bannières habillent les magasins et un site Internet dédié a été créé (www.jeconomisemaplanete.fr). En plus d'informations sur l'opération, sur le cycle de vie des produits ou sur des comportements conduisant à la réduction des émissions de GES, le site permettra à terme aux détenteurs de la carte Leclerc de comparer le bilan CO2 de leurs courses d'une semaine à l'autre. En attendant, les clients pourront sortir un bilan personnalisé à l’entrée du magasin.

Vers une consommation et une production plus responsables
En donnant le bilan CO2 des produits alimentaires, les centres E.Leclerc de Templeuve et Wattrelos espèrent ouvrir la voie d'une consommation plus responsable. Ainsi, en choisissant un produit faiblement émetteur de gaz à effet de serre, c'est à dire moins gourmand en énergie, le consommateur montre qu'il porte de l'intérêt à la protection de son environnement, mais il influe également sur l'ensemble de la chaîne de production. Et meilleur pour la planète ne veut pas dire plus cher ou moins bon. Prix et qualité du produit n'ont rien à voir avec le bilan CO2, ce sont des valeurs qui n'interagissent pas entre elles. En menant cette expérimentation, E.Leclerc espère accompagner le changement des modes de consommation, voulu par le Grenelle de l'Environnement. Le distributeur en tirera les premières conclusions en septembre 2008.

Quelques réflexes alimentaires pour protéger notre planète :
- Consommons des aliments produits localement (moins de transports)
- Consommons des fruits et légumes de saison (moins énergivores)
- Évitons les emballages inutiles (moins il y a d'emballages, moins d'énergies seront
utilisées pour le fabriquer et le détruire)
- Limitons la consommation de plats surgelés (très énergivores)
- Allons faire nos courses à proximité, à pied ou à vélo (moins de transports)

MÉTHODOLOGIE
LA PREMIERE OPÉRATION D'AFFICHAGE DU BILAN CO2 DES PRODUITS ALIMENTAIRES INTEGRANT LA TOTALITE DE LEUR CYCLE DE VIE
Traitée dans les groupes de travail du Grenelle de l'Environnement, l'indication de l'impact envi ronnemental des produits de grande consommation devra être effective au 1er janvier 2011, dans les hypers et supermarchés. Greenext, jeune société parisienne, consciente des enjeux, a développé une méthode d'af fichagedu bilan CO2 des produits alimentaires, immédiatement opérationnelle, en partenariat avec Énergies Demain, bureau d’études spécialisé dans la planification énergétique. La méthode a la particularité de s’appuyer sur des données génériques par familles de produits, puis progressivement de prendre en compte les données spéci fiques de chaque acteur de la chaîne de consommation : producteurs, distributeurs et consommateurs. L'ADEME et la Région Nord-Pas de Calais soutiennent ce dispositif et ont proposé à Greenext de l'expér imenter dans deux magasins E.Leclerc, celui de Wattrelos et de Templeuve.
Les objectifs : favoriser une nouvel le pédagogie de la consommation et le progrès des pratiques de production et de distribution. La démarche développée par Greenext Le bilan CO2 mesure la quantité de gaz à effet de serre, convertie en kg équivalent CO2, émise lors de la production (élevage, récolte, transformation, …), de la distribution (transport, conservation, énergie du magasin, …) et de la consommation (transport vers le foyer, tri des déchets, …). Affiché dans les rayons alimentaires des centres E.Leclerc de Templeuve et Wattrelos, depuis le 2 avril 2008, il couvre la totalité du cycle de vie du produit, c'est à dire de l'extraction des matières premières à la destruction/valorisation du produit en fin de vie. Il a été établi à partir de données représentatives du marché français puis affiné en fonction des impacts C02 du magasin et des caractéristiques du conditionnement des articles. C'est ce bilan qui est affiché à côté du prix des yaourts nature ou des plaques de chocolat dans les rayons d'E.Leclerc. Greenext a fait ce choix pour offrir aux dist ributeurs un champs d'expérimentation large et plus rapide. Les bilans CO2 continueront d'être affinés jusqu'en septembre, en tenant compte des choix logistiques et d'approvisionnement des deux magasins, notamment de l'origine des produits et des modes de transport utilisés jusqu'aux magasins.
Les évolutions à venir La démarche de Greenext, appliquée aux produits alimentaires pour le moment, pourra se décliner par la suite, après la phase d'expérimentation, sur la totalité du panier de la ménagère. Elle a aussi été conçue pour couvrir à terme plusieurs critères d’évaluation de la pression environnementale (énergie, eau, toxicité, …) pour l’ensemble des produits de consommation courante.

Les centres E.Leclerc envisagent également, pour répondre aux préoccupations des consommateurs, d’intégrer progressivement d’autres données comme :
- un indice de coût social : mise en avant des démarches équitables, du partage des richesses et du respect des droits des travailleurs, garanties relatives au travail des enfants, …
- certifications type FSC, TFT, …
L’ensemble de ces informations pourrait être mis à la disposition des clients selon le même procédé et lui offrir à terme une visibilité sur l’impact global d’un produit sur la planète à tous les niveaux :
- économique : qualité du process industriel, logique de transport, origines, saisonnalités
- social : respect des textes, commerce équitable, sourcing
- environnemental : utilisation de pesticides, d’intrants, gestion des ressources à long terme

Les consommateurs ne seront pas en reste puisqu’ils pourront progressivement prendre connaissance, sur le site www.jeconomisemaplanete.fr, du bilan CO2 de leurs courses alimentaires, et le personnaliser des informations suivantes :
- la taille du foyer et sa composition, afin de se situer par rapport à un foyer équivalent
- les habitudes de transport de ses courses, et en général
- les données relatives à la consommation énergétique de sa maison

En lien avec les sites existant sur le sujet, un consommateur averti pourra donc connaître assez précisément son « empreinte CO2 » et ainsi se mettre en capacité de progresser selon des axes précis et connus. Au fur et à mesure, la base de données sera également enrichie des informations propres aux magasins, et pourra intégrer les efforts particuliers des producteurs et des consommateurs, par exemple en matière d'emballages ou de déplacements. On pourra ainsi inclure les phases de production et de transformation de manière spécifique pour chaque produit. Les premiers résultats de l’opération d'affichage du bilan CO2 expérimentée dans le Nord, par les centres E.Leclerc, seront connus dans six mois. L'objectif à terme : officialiser et déployer la méthode. Une affaire à suivre…

ENJEUX
LE LIEN ENTRE SOCIETE DE CONSOMMATION ET RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE
On savait déjà que les t ransports et l'habitat étaient fortement émetteurs de gaz à ef fet de serre. On s'en doutait moins pour l'alimentation responsable de près de
30 %* des émissions… Le simple produit que nous choisissons en rayon est composé de plusieurs matières premières qui ont été cult ivées, récoltées, conservées,
transportées, cuisinées, transformées, pour être conditionnées et enfin livrées dans votre magasin… En cela, le secteur de l'alimentation représente une priorité, inscrite au programme du Grenelle de l'Environnement. L'ADEME et la Région Nord-Pas de Calais en ont également fait un axe d'actions prioritaire. L'objecti f : encourager de nouvelles pratiques de consommation plus durables, tout en influant sur l'ensemble de la chaîne de production et de distribution, af in d'atteindre la réduction par 4 des émissions de GES. Le mode de vie et la consommation des ménages influent sur les émissions de gaz à effet de serre. Pour relever le défi du changement climatique, le Gouvernement prévoit de sensibiliser tous les acteurs du marché lors de campagnes d'informations, d'inciter à la formation d'unions ou de groupes, d'offrir de nouveaux moyens techniques et financiers, le tout accompagné de mesures incitatives. Tous les acteurs de la chaîne alimentaire sont concernés: les entreprises (exploitants agricoles, industriels), les fabricants, les distributeurs et les consommateurs. Ils peuvent tous agir, produire et consommer autrement, en utilisant moinsd'énergie. Éco-conception, éco-produit, mode de transport alternatif, achat de produits de saison ou locaux, … sont autant de pistes de progrès pour lutter efficacement contre le
réchauffement climatique. L'ADEME Nord-Pas de Calais et le Conseil Régional créent le mouvement Depuis 1983, la Région Nord-Pas de Calais et l’ADEME, grâce au FRAMEE, oeuvrent de concert à la promotion d’actions en faveur de la préservation de l’environnement. Face aux enjeux écologiques, deux priorités se dégagent : la lutte contre le changement climatique et la production et la consommation responsables, l’objectif étant pour ces deux axes de dépasser la prise de conscience et de se donner les moyens d’une généralisation des actions.
Les thèmes structurant la lutte contre le changement climatique sont l’efficacité énergétique, le développement des énergies et matières premières renouvelables, les observatoires et les approches globales et territoriales de maîtrise de l’énergie. Ces problématiques se retrouvent à chacune des étapes du cycle de vie d’un produit. Au-delà de la question énergétique, l’éco-conception permet d’aborder tous les enjeux environnementaux (déchets, sols, air, santé, …).

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