Leroy Merlin

Leroy Merlin : Comment adopter la positive attitude ?

Posté le 06/02/2010

Après les points de vente économes en énergie, HQE ou dotés de centrales photovoltaïques, voici le premier magasin français à énergie positive. Une initiative signée Leroy Merlin pour son tout nouveau magasin de 14 000 m2 situé à Valence (Drôme). « Créé ex nihilo, celui-ci traduit une volonté concertée en interne de réaliser un point de vente exemplaire en matière d'offre produit et de construction autour de trois axes : la responsabilité environnementale, les économies d'énergie et la pédagogie, indique Yannick Lecoanet, directeur de la région Centre. Mais il s'agit d'une étape, ce magasin n'est ni un aboutissement, ni anodin. »

Diminuer la consommation

Objectif initial : obtenir un équilibre positif entre dépenses d'énergie et production. « Dans cette optique, la démarche première est de diminuer la consommation, explique Jérôme Paternotte, directeur technique de l'enseigne. Nous avons pour cela travaillé à la fois sur l'enveloppe et les équipements techniques. » Résultat, la consommation du bâtiment a chuté de 25 à 30 %. Au final, le magasin affiche une consommation en énergie primaire de 160 kW/m2/an hors compensation, soit trois fois moins qu'un magasin classique. « Nous n'avons pas encore d'estimation précise concernant la consommation au compteur, précise-t-il. Un bilan sera fait dans un an, mais nous visons un minimum de - 30 %. » Leroy Merlin envisage surtout ce projet comme un laboratoire destiné à expérimenter différentes technologies et à les valider avant déploiement. D'où la nécessité d'effectuer des mesures précises. Un système de sous-comptage a donc été installé pour dissocier les différents postes de consommation et piloter plus finement chauffage et éclairage afin de faire progresser les autres magasins. Parallèlement, en compensation de la consommation résiduelle, près de 6 000 m2 de membrane photovoltaïque ont été installés sur le toit par la société Smac pour un montant d'environ 4 M€. Une fois la production prise en compte, le bilan en énergie primaire du bâtiment est positif de 22 kW/m2/an. Une opération financée en direct par l'enseigne, mais celle-ci étudie la cession de l'exploitation de la centrale à un prestataire afin de rester concentrée sur son cœur de métier.

Un surcoût estimé à 10 %

Globalement, en termes d'investissement, le surcoût développement durable de ce magasin est estimé autour de 10 %, hors photovoltaïque. « 8 % concernent des technologies éprouvées que nous considérons désormais comme standard et qui seront systématiquement déployées, confie le directeur technique. 2 %, en revanche, correspondent au surplus particulier de Valence et à des techniques qui demandent encore à être validées, comme le traitement très fin des ponts thermiques. » Une approche intéressante en termes techniques dans l'optique des réglementations 2020 et de la logique HQE, mais pas forcément rentable. « Certes, la performance des investissements est importante, concède Yannick Lecoanet. Mais il ne suffit pas de juger du retour sur investissement (ROI) élément par élément. L'essentiel tient à la combinaison des différentes techniques choisies et à l'obtention d'un bon ROI sur l'ensemble, ce qui n'est pas si évident à mesurer. Et il ne s'agit pas uniquement de payback. Il y a aussi des valeurs non mesurables, telles que l'image ou la qualité des conditions de travail. » Ce dernier axe a ainsi été très soigné pour limiter la pénibilité de certains postes et les 110 collaborateurs ont été recrutés à 80 % localement en favorisant la diversité. Autre innovation : la création avec le centre Néopolis (organisme de la CCI de la Drôme) d'une formation de cinq mois à l'éco-conception et à la gestion des énergies. Objectif : recruter dès avril des "éco-vendeurs" capables de conseiller les clients parmi les 8 700 références "maison de demain" sur les 60 000 que compte le magasin. Parmi celles-ci, 100 "prix engagés" : des produits permanents au moins 15 % moins chers que les prix du marché. Tout ça pour pousser le credo maison : promouvoir un habitat plus sain, plus économe, plus accessible et plus respectueux de l'environnement.

Le magasin à énergie positive de Valence

Energie
Eclairage : tubes T5, ballasts électroniques, réflecteurs et grilles de défilement spécifiques (Strato) ; cellule crépusculaire et horloge d'allumage en fonction de l'horaire ; consommation réduite de 35 % ; LED pour l'éclairage de sécurité et l'enseigne (consommation divisée par 5) ; détecteurs de présence.
Ventilation : pompe à chaleur ; gaine textile trouée pour une diffusion homogène ; coefficient de performance élevé (1 kW consommé produit 5 kW de chauffage) ; centre de CO2 pour contrôler la qualité de l'air et diminuer la déperdition thermique ; Night-Cooling (ventilation intensive de nuit).
GTC : pilotage intelligent informatisé pour optimiser la consommation.
5 785 m2 de panneaux photovoltaïques polycristallins produisant 115 % des besoins courants d'électricité.

Eau
Cellules de détection pour les lavabos ; chauffe-eau solaire ; une partie des eaux de pluie traitée pour les sanitaires et l'arrosage automatique.

Structure
Isolation extérieure : 20 cm de laine de verre, soit + 33 % par rapport à un bâtiment conventionnel ; fondations isolées jusqu'à 1,50 m de profondeur pour un effet "thermos".

Insertion paysagère
25 000 m2 d'espaces verts (35 % de la surface) ; essences locales réclamant peu d'eau et d'entretien ; bassin d'infiltration de 9 600 m3 (pas de rejets dans le réseau et action en faveur de la biodiversité).
Autres initiatives
Parc de manutention électrique (Still et Caterpillar) ; charte chantier vert ; consommables recyclables (papier...) ; 3 candélabres éoliens pour éclairer la partie "chalet" ; gestion des déchets.

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