Franprix

Marché Franprix livre ses clients par camions électriques

Posté le 04/03/2010

L'enseigne va remplacer ses véhicules diesel par une flotte d'une centaine de petits utilitaires électriques et silencieux, pour les livraisons à domicile. Jusque-là freiné par sa faible autonomie, ce matériel se révèle performant dans une configuration urbaine de proximité.

Personne ne l'entend, mais il s'est déjà fait remarquer dans les rues de Paris. Le Marché Franprix du XVIe arrondissement teste depuis un mois un véhicule électrique pour les livraisons à domicile. Ce petit utilitaire, d'une capacité utile de 2 m3, n'émet aucun décibel et affiche un design à la fois élégant et futuriste. « Ce prototype nous a convaincus, se réjouit Jean-Paul Mochet, le directeur de l'enseigne. Et nous compterons une centaine de véhicules de ce type d'ici à 2011 à Paris, à Lyon, à Marseille ou encore à Nice. »

Une vingtaine de modèles SimplyCity - c'est son nom -, déjà acquis, sont sur les lignes de production du fabricant poitevin, la société Eco et Mobilité. Ils se substitueront peu à peu à la flotte de véhicules diesel actuellement utilisés pour effectuer les 1 500 livraisons journalières de l'enseigne, qui propose le service gratuitement à partir de 50 E d'achat.

Dans un monde de l'électrique qui avance à petits pas, Franprix chausse donc les bottes de sept lieux et devient le premier distributeur à offrir des livraisons « propres » chez ses clients à une telle échelle.

50 à 60 kilomètres d'autonomie

L'enseigne profite de fait d'une triple opportunité. La première tient au concept même d'ultraproximité et à la typologie de sa zone de chalandise urbaine. « La quasi-totalité de nos clients habite dans un rayon d'un à deux kilomètres de nos points de vente », explique Jean-Paul Mochet. Ce qui permet de surmonter le premier handicap du véhicule électrique : sa faible autonomie. « Ce modèle peut rouler sans être rechargé pendant 50 à 60 km, reprend le responsable de l'enseigne. Ce qui couvre largement nos besoins. » En effet, dans une journée, une fourgonnette Franprix affiche en moyenne 30 kilomètres au compteur, bien qu'elle effectue jusqu'à une vingtaine de livraisons en deux à trois tournées.

Les nouveaux véhicules dans la rotation naturelle du parc

La seconde opportunité pour Marché Franprix tient à l'âge avancé de son parc de véhicules diesel. « Sur 250 utilitaires, une partie de ceux dont nous sommes propriétaires a atteint un certain niveau d'usure, explique le patron de l'enseigne. Et pour l'autre partie que nous louons en leasing, des contrats arrivent à terme. » Les nouveaux véhicules vont donc entrer naturellement dans la rotation de la flotte. Le troisième effet d'aubaine est lié aux performances de SimplyCity, commercialisé depuis le début de l'année. D'abord, Franprix a pu éprouver la fiabilité du matériel durant le test grandeur nature de un mois. « Pas une seule panne et l'autonomie que l'on nous a annoncée est réelle », constate un livreur du point de vente parisien. Ensuite, Eco&Mobilité a injecté quelques innovations qui font la différence. « Par exemple, le véhicule se recharge automatiquement à chaque fois que l'on freine », annonce Luc Jaguelin, le dirigeant de la PME poitevine. Toujours utile pour prolonger l'autonomie. D'autre part, la vitesse de pointe grimpe à 80 km/h quand la plupart des modèles électriques sont bridés à 45 km/h. « Cela étend leur utilisation aux voies rapides du périphérique parisien, où l'on peut rouler jusqu'à 80 km/h », décode Jean-Paul Mochet. Autre amélioration, relevée à l'usage par le livreur : le système d'ouverture du coffre, dont la porte se replie sur elle-même vers le haut. « C'est très utile en ville, observe-t-il. Sur les modèles d'utilitaires, l'ouverture par hayon est parfois impossible car des voitures se garent trop près. » SimplyCity se révèle aussi moins long de quelques centimètres par rapport à son alter ego à moteur thermique. Du fait, justement, d'un moteur beaucoup moins encombrant à l'avant.

Un prix d'achat allégé par la subvention de l'Ademe

Au niveau du coût, ce nouveau véhicule urbain se révèle, là encore, très compétitif. Son prix d'achat se situe aux alentours de 15 000 E. Déduction faite d'une subvention de l'Ademe versée à l'acquéreur (3 000 E), la calculette affiche un tarif final de 12 000 E. « Largement comparable à la fourchette basse d'un véhicule utilitaire de format identique », tranche Jean-Paul Mochet. C'est aussi sur son coût d'usage que le véhicule électrique creuse l'écart. Certes, la batterie (qui ne fonctionne pas au lithium) coûte cher : 1 200 E. Elle affiche cependant une durée de vie de trois ans et ne nécessite, pour tout entretien, que de l'eau déminéralisée une fois par mois. Pour le reste, la durée de vie des freins est garantie illimitée (il n'y a pas de plaquettes, et donc pas d'usure). Mais c'est au niveau du carburant utilisé qu'il faut chercher le principal gisement d'économies. Un « plein » d'électricité pendant la nuit revient à 0,80 E. « Les 100 kilomètres nous reviennent donc à un peu plus de 1 E, calcule Jean-Paul Mochet. Dans la version diesel, nous consommons 8 litres aux 100 en ville, soit un plein d'environ 70 E. » Quant au rechargement nocturne, il sera effectué à partir des bornes disponibles dans Paris, sur les stations extérieures ou dans les parkings publics équipés.

Avec cette initiative, Marché Franprix ajoute un pilier à sa politique de développement durable. « Ce mode de livraison propre et silencieux s'inscrit dans la continuité du nouveau concept Marché Franprix, où nous avons mis l'accent sur les économies d'énergie, les peintures écologiques... », rappelle Jean-Paul Mochet. Dans un contexte où la concurrence s'aiguise entre enseignes urbaines, Franprix compte en faire un élément de différenciation. « Les clients urbains se sentent très impliqués dans tout ce qui touche à leur environnement, qu'il s'agisse de la pollution ou du bruit, analyse le responsable. Nous leur offrons cette combinaison. » Et, cette fois, sans surcoût ou modification du service pour le consommateur, comme dans le cas du sac de caisse réutilisable déployé depuis trois ans.

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