Biocoop

Biocoop : Le bio s'enracine en Charente

Posté le 30/04/2010

Quand elle parle du réseau Biocoop, elle dit «on» et se sent pleinement actrice de son développement.

Dominique Barthod est la gérante du magasin Biocoop de Châteaubenard. Un magasin tout juste agrandi et relooké avec des statuts de société coopérative de production (Scop) dans laquelle cinq des neuf salariés sont associés majoritaires de l'entreprise. Au départ, ce magasin était une coopérative de consommateurs créée par deux militantes. Aujourd'hui l'entreprise «va bien et progresse». «On est arrivé au bon moment quand les gens ont compris qu'ils devaient faire attention à eux et à leur environnement», souligne Dominique Barthod qui ajoute que «la grande force» du réseau Biocoop c'est «d'être en capacité de négocier, d'être un acteur pertinent et d'accompagner le développement de l'agriculture bio. On a réussi à créer de vraies filières. Nos producteurs de lait sont payés près de 450 euros les 1.000 litres contre 250 en conventionnel.» Le magasin cognaçais travaille avec 22 producteurs locaux, essentiellement en Charente-Maritime parce l'offre «n'est pas encore suffisante» en Charente.» Chaque mois des animations sont organisées autour de la diététique: «Chez nous il y a du débat.»

Demain il fera bio. Les nuages menaçants qui circulent avec insistance sur l'agriculture conventionnelle depuis plusieurs années sont chassés par endroits par un souffle qui s'amplifie. Dans un secteur frappé de plein fouet par la crise et la mondialisation, le bio résiste. Mieux, il progresse, permet à ceux qui le pratiquent de gagner leur vie et, faut-il le rappeler, il préserve la matière première de cette économie nourricière, la terre.

Pour mesurer cette poussée verte en Charente, quelques chiffres: les surfaces agricoles bio ont progressé de 25 % entre 2008 et 2009. Dans le même temps, le nombre d'exploitants convertis a passé le cap des cent et ce n'est pas fini: une quarantaine est actuellement «en transition». Cette évolution de l'offre ne serait rien si la demande ne progressait pas elle aussi: «+15%», assure Agrobio Poitou-Charentes, groupement régional de producteurs.

Plus que ces chiffres, il y a un autre indice, c'est le développement du réseau Biocoop qui compte cinq magasins en Charente. Un réseau créé en 1986 par des consommateurs militants et qui est devenu le premier réseau de magasins bio en France avec 325 enseignes. Un réseau qui veut développer l'agriculture bio, s'en donne les moyens en appliquant un cahier des charges très contraignant, prône la transparence des coûts, favorise les circuits courts, la relation avec les producteurs et oblige même les patrons à ne pas avoir un écart de salaire trop important avec les salariés. «Nous sommes des militants. On tient à une proximité forte avec les consommateurs et on fonde notre développement sur un engagement social fort. Un exemple: nos partenariats avec des producteurs leur garantissent un revenu juste et régulier», souligne Martial Rose, gérant du magasin Vitamine, route de Bordeaux à Angoulême.

Dans ces magasins, outre les conseils, on peut suivre des formations à la diététique ou apprendre à réaliser des enduits naturels. C'est un carrefour où se croisent convaincus, nouveaux consommateurs, jeunes, vieux. C'est un réseau qui se tisse. «Je viens depuis que je suis maman parce que je voulais faire attention pour mes enfants. Petit à petit, toute la famille est passée au bio. Je vous assure que ça ne coûte pas plus cher au long terme et surtout on va mieux. En plus, ici on est écouté, conseillé, chouchouté», assure Nathalie, une Angoumoisine de 42 ans, fidèle du magasin Vitamine. Un magasin ni trop petit ni trop grand. «Pour se démocratiser, le bio a besoin de ne pas trop dépayser les clients des grandes surfaces. Ce qui compte ce n'est pas la taille de nos magasins mais notre état d'esprit», appuie le patron de Vitamine.

Le succès du réseau Biocoop a justement «réveillé» les grandes surfaces qui chassent de plus en plus le consommateur bio. Mais les connaisseurs l'assurent: «Il suffit de comparer les produits pour faire la différence. Mais surtout, nous n'avons pas les mêmes valeurs.» [...]

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