
Avec la collection « Petit h », Hermès valorise le recyclage
En matière de développement durable, l'industrie du luxe ne fait pour l'heure pas partie des bons élèves. Une réputation que la maison Hermès veut démentir via la collection « Petit h », « catalogue » d'accessoires et d'objets décoratifs fabriqués à partir des rebuts issus des ateliers de la marque française.
Crédit photo : Hermès
Des tissus tâchés ou une porcelaine fêlée n'ont a priori aucune chance de passer entre les mailles du filet, ces défauts étant évidemment incompatibles avec les standards de l'industrie du luxe. Ils vont pourtant connaître une deuxième vie grâce aux petites mains d' Hermès pour constituer in fine un véritable potentiel de reconversion pour les matières premières précieuses. S'il est trop tôt pour affirmer que l'entreprise française a initié un mouvement, le fait est qu'elle a obtenu à l'arrivée une ligne temporaire de produits griffés qui sera présentée dans la boutique de la marque située au 17, rue de Sèvres à Paris (VIe arrondissement) jusqu'au 31 décembre et lors de ventes exceptionnelles à New York (Etats-Unis), Tokyo (Japon) ou encore Osaka (Japon).
L'initiatrice du projet, Pascale Mussard qui est depuis toujours surnommée en interne « On-ne-jette-pas-ça-pourra-toujours-servir », a fait honneur à sa réputation et a baptisé les produits de la collection « Petit h » des « OPNI » pour « objets poétiques non-identifiés ». La descendante de Thierry Hermès, issue de la sixième génération de la famille fondatrice de la marque, a par ailleurs posé une condition aux créateurs qui se sont vus confier les rênes du projet : réaliser des objets imprévisibles et fonctionnels.
Imaginer des combinaisons de matières improbables, transformer des matériaux en des objets inattendus, voilà ce qu'attendait cette directrice artistique qui n'a pas été déçue du résultat. La collection obtenue est en effet étonnante, avec entre autres une commode en cuir et tapis de plage, une série de tasses transformée en un luminaire, des haltères fabriquées à partir de cuir et de cristal. Même les célèbres carrés de soie ont été recyclés en lampe ou en sac.
Pour arriver à fabriquer de tels objets, la maison Hermès n'a pas lésiné sur les moyens. Un atelier spécial de « re-création » a ainsi été construit et rassemble des artistes, des stylistes et des artisans. De la maroquinerie à la couture en passant par l'orfèvrerie et le travail de la porcelaine, tous travaillent en étroite collaboration et réfléchissent aux différentes façons de promouvoir le recyclage au sein de la maison. Après Louis Vuitton et ses « ateliers verts », Hermès prouve une fois de plus que le luxe et le développement durable peuvent cohabiter. Et même s'entendre.
Anna Demontis - Zegreenweb
http://www.zegreenweb.com/sinformer/avec-la-collection-%c2%ab-petit-h-[...]
5 janvier 2012